La littérature à l'heure du "Printemps Arabe" :

analyses et perspectives

 

La littérature à l'heure du « Printemps Arabe » : analyse et perspectives

   Les mouvements qui secouent actuellement le monde arabe et bouleversent profondément ses valeurs et ses structures politiques s’imposent comme réalité incontournable dans toute approche concernant cette région du monde. EURAMAL, dont la mission principale est d’accompagner l’évolution du champ socio-culturel arabe à travers le prisme de la littérature fait du « Printemps arabe » le thème de sa dixième rencontre à l’INALCO – Paris. Il s’agit d’interroger la littérature arabe moderne sur les éventuels liens, explicites ou implicites, entre les tendances de l’écriture ces dernières décennies et les mouvements révolutionnaires arabes.


Plusieurs questions et axes de recherche sont envisageables pour élucider cette problématique :


1- Sources et racines. Sans, bien sûr remonter à l’époque de la nahda, il serait tout à fait pertinent de voir dans quelle mesure la littérature arabe moderne a prévu ou préparé, consciemment ou inconsciemment, les mouvements actuels.


2-  A quel point la littérature arabe moderne porte de nouvelles visions de la société arabe ?


3- La présence du « peuple » comme entité agissante dans la littérature. Comment le peuple arabe y est représenté ?


4- Le personnage : héros ou anti-héros et sa dimension dans la littérature arabe moderne. Y a-t-il dans la littérature du "Printemps arabe" ou "pré-printemps arabe" des héros (ou anti-héros) représentant un nouveau type de personnage qui pourrait être/devenir caractéristique pour le mouvement dit « Printemps arabe » ?


5- Les nouveaux médias -(blogs, textes numériques…)- comme support éventuel aux textes littéraires (poésie, poésie dialectale, essai, nouvelle…) et comme moyen de communication mènent à une interrogation sur le rôle de ces textes dans le déroulement et l’évolution des événements dans le monde arabe actuel.


6- Les communications peuvent également traiter des questions théoriques concernant la relation entre la littérature contemporaine et les révoltes, relation, supposée être  à l’origine du titre du colloque. Relation considérée comme réelle, évidente quand on choisit le titre du colloque, cependant, son existence reste à prouver. Plusieurs questions se posent : Y a-t-il vraiment une relation? De quel genre de relation s’agit-il? Quelles dimensions accorde la littérature aux soulèvements afin de nous permettre de mieux les comprendre ? Quels sont les aspects du « Printemps arabe » que la littérature n’a probablement pas couverts ? Que recherchons-nous dans la littérature ? Peut-on y trouver  ou essayer de trouver l’essentiel du phénomène historique de la révolte? En d'autres termes, la littérature, serait-elle une source légitime pour acquérir des connaissances sur la nature des événements en général ? Y  a-t-il une littérature du  « printemps arabe »?


7- La langue et l’expression. Peut-on repérer dans la littérature contemporaine un nouveau langage et une nouvelle rhétorique en phase avec les mouvements révolutionnaires?


8- L’indignation (mot à la mode) : Il s’agit d’interroger la littérature arabe moderne sur les sentiments de déception, de frustration des populations arabes qui y sont représentées : Comment elles sont, indignement, traitées par le pouvoir? Elles travaillent dure, alors qu’une petite minorité amasse les richesses ; Elles paient les impôts alors qu’on ne leur donne pas la possibilité d’exprimer leur volonté politique ; le pouvoir ne cesse d’évoquer les droits de l’homme alors les populations n’ont aucun droit et aucune liberté etc.